La Terre Tourne Toujours, DJABRI RABAH (Algérie)
La Terre tourne toujours,
Tournera-t-elle encore un peu ?
Je pense donc…ça ne veut rien dire,
Et vous qui pensez et qui existez,
A vous de nous apprendre, de nous dire,
Vous qui savez, à vous de passer
Pour tracer le chemin,
A vous de nous conduire vers
Ce fameux demain
Qui ne vient pas,
Non ! Non, je ne crois pas !
Il est des tas de livres entassés dans les bibliothèques,
Il est des morales, des philosophies, de l’hypothèque,
Il est des gens qui se déclarent “ Citoyens
Du monde ”,
Des têtes vides, des bouches gourmandes,
Il est des criminels jugés au TPI,
D’autres toujours aux commandes des pays,
De grandes assemblées à l’ONU,
De grands plans invisibles à l’œil nu,
La Terre tourne toujours,
Tournera-t-elle encore un peu ?
Et toi vieille jeunesse ! Désespoir d'Afrique !
Ah ! Si tu savais les îles paradisiaques !
Les belles demeures ! Les soirées euphoriques !
Jeunesse au front ridé de grand-père,
Le sourire inquiet et déjà le regard profond,
Pas d'ambitions, pas de rêves et pas trop de repères,
Une silhouette qui erre, une illusion au plafond.
C’est une simple histoire de comptes à remplir,
De gros titres de journaux à lire,
Ah ! Les enfants à la peau collée aux os,
La fente des glaces, la montée des eaux,
Une mère qui trait son sein sec,
Les ouragans et leurs plans orsec,
Ces petites créatures mourantes, ces croquis
Anatomiques,
Les grandes théories économiques,
La technologie atomique.
La Terre tourne toujours,
Tournera-t-elle encore un peu ?
Allez vous balader avec vos nations unies
Et nous aujourd’hui, peuples démunis,
Et les changements climatiques,
Et l’ère informatique, pragmatique, étatique,
Non ! Je ne comprends rien à la politique !
Et la prostitution à effet de serre,
La morale et l’éthique, l’étau qui se resserre.
Non ! Ne m’explique pas, entre les « anti » et les « pro »,
Non je ne comprends pas trop,
Avec nos guerres mondiales,
L’espoir humain, la philosophie de l’idéal.
La Terre tourne toujours,
Tournera-t-elle encore un peu ?
Et les hommes qui partent vers Mars,
Et les coups bas et les grandes farces,
Les écologistes et les amis de la nature,
Les grandes expositions de peinture
Et les prix Nobel de littérature,
Les hommes avec leurs grandes machines
Et l'humanité qui courbe l'échine.
Oui ! Vous nous voyez désolés,
Mais c’est tout ce que nous avons,
C’est la civilisation des hommes sur terre,
Du vent.
Mais le monde est réparti bien autrement mes frères,
Autrement que disent vos vénérables frontières,
Et personnellement je n’admire ni le Sud ni le Nord,
Je changerais de race sans regrets ni remords,
Je n’aime ni la vanité de ceux qui se croient grands,
Ni la servilité de ceux qui font foule au dernier rang,
Car contrairement aux moralités et aux enseignements reçus,
La main qu’on ne peut pas mordre il faut cracher dessus,
Moi j’admirerais l’Homme fort qui sait rester tendre,
J’aime le phénix qui renaît de ses cendres,
La Beauté passive se tait, la Bêtise court et gronde,
Moi j’emmerde tout le monde !
La Terre tourne toujours,
Tournera-t-elle encore un peu ?
DJABRI RABAH (Algérie)
rdjabri@yahoo.fr
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