, JEAN-MICHEL NZIGIYE (MALAWI)
GACARI LA DESHERITEE
Il était une fois une jeune fille unique nommée GACARI. Elle était née dans une famille très pauvre.
Ses deux parents d'ailleurs moururent de misère alors que leurs voisins étaient tous riches.
L'orpheline passait sa jeunesse dans un interminable carême. Quant à sa santé, elle était très précaire. La fille était très maladive et seul Dieu l'épargnait des épidémies souvent à la dernière minute.
Ainsi elle était très laide et misérable avec une peau couverte de plaies et de galles.
Un jour quand elle était partie chercher des épines pour ôter ses chiques, elle rencontra une vieille femme nommée Millenium qu'elle salua avec respect.
-Salut ô mère des humains!, dit -elle à la vieille.
-Salut ma pauvre enfant!, répondit la vielle apitoyée qui demanda à la fillette de l'accompagner. La jeune fille accepta sans hésiter.
Arrivées chez Millenium, celle-ci entra dans sa hutte et revint avec un petit pot qu'elle présenta à GACARI en disant:-" Mon enfant, cette potion je la dois à ma Maman qui l'a eue de sa maman, l'ayant héritée de sa maman. Ainsi va et prends-en une gorgée; tu guériras de tous tes maux.
Et surtout, garde cela jalousement car tes descendants en auront besoin. Quand tu reviendras, je te dirai la recette comme me l'a dite ma mère, l'ayant obtenue de sa mère, ayant été dévoilée par sa mère".
GACARI s'en alla douteuse.
Une fois chez elle, elle ouvrit le pot. Quant elle nifla le contenu toutes ses plaies se cicatrisèrent, quand elle commença à lécher la potion, toutes les cicatrices disparurent; quand elle en avala une gorgée, elle resplendit de mille feux. Elle remit le couvercle et se mit à se regarder émerveillée.
Elle était devenue très belle.
En plus d'une beauté spéciale, la potion procurait une longévité extra-ordinaire.
En ces temps-là, le soleil n'était qu'une simple masse peu connue, et toutes les fleurs étaient incolores et inodores.
Quand GACARI passait dans un village, tout le monde accourait contempler sa beauté.
Les ennemis réguliers de ses défunts parents la courtisèrent.
Elle ne travaillait plus car elle recevait trop d'offrandes.
La nouvelle se répandit jusqu'à la court.
Le Roi curieux, envoya une invitation à GACARI qui n'y attacha guère d'importance.
Le Roi furieux, décida d'y aller lui-même.
Quand il aperçut GACARI, il s'évanouit. Jamais il n'avait rêvé d'une telle splendeur.
Quand il revint à lui, le Roi affolé proposa à la demoiselle de l'épouser. Celle-ci refusa. Le Roi implora et la fille accepta.
La veille des noces notre fée tint le fameux pot et but ad- libitum le contenu. Elle vida le pot qu'elle d'ailleurs Cassa.
Cette fois-là, elle brilla comme le soleil le fait de nos jours.
Là à la court, l'ancienne Reine fut répudiée et GACARI fut glorifiée.
Le moment venu, elle devint grosse. Elle était entretenue plus qu'une reine d'abeilles.
Après neuf mois d'attente impatiente, elle accoucha d'un garçon étrange. En effet, le nouveau-né ressemblait à sa maman d'avant la chirurgie esthétique magique.(Rappel).
La Reine stupéfaite ordonna à la matrone d'étrangler l'enfant. Il fut ainsi. Au Roi on dit que l'enfant était mort-né.
Plus tard, le second enfant subit le même sort.
Au troisième enfant, la matrone s'y opposa. Elle dit à la Reine qu'elle était prête à mourir plutôt que d'exécuter l'innocent enfant. La Reine insista vainement.
Avant que l'enfant ne fut présenté au Roi, la Reine avait disparu. Elle était partie à la recherche de Millenium la vieille.
Elle passa sept nuits de marche sans repos.
Quand elle arriva au village, il y avait trois ans que la vieille avait déménagé et personne ne connaissait sa nouvelle demeure.
GACARI fut prise de chagrin plein de regrets et de remords.
Elle se rappelait qu'elle pouvait non seulement posséder la potion mais aussi en détenir la recette.
Il était trop tard.
GACARI pleura toute la journée et le soir venu, elle s'en alla se jeter dans une lagune peuplée de crocodiles. Ce fut sa fin.
Deux jours après, la vieille réapparut.
Désolée déçue et déconcertée elle décomposa sa potion magique:
La brillance fut léguée au soleil, la beauté et la douceur aux fleurs, le privilège de la mue aux reptiles,… l'immunité contre les maladies aux morts.
Et ainsi va la vie de l'homme si éphémère et remplie de malheurs.
, JEAN-MICHEL NZIGIYE (MALAWI) micjean07@aol.fr |