Nouvelle policière, Diane Laudic (France)
Nouvelle policière à la Agatha Christie
Chapitre 1
Cela faisait bientôt 3 heures qu’il était sur la route. Il était partit de Royal Leamington Spa avec sa vieille MGB 1973, avait pris l’autoroute (Motorway) M40 avait continué tout droit jusqu’à sortir par la M25 en direction de la M23, et enfin après la A27 qui parut se prolonger indéfiniment il pris la A259 jusqu’à Eastbourne. Les Woods qui une semaine plus tôt l’avaient appelé pour l’inviter à passer un week-end de trois jours au bord de mer habitaient une villa au croisement de la place Devonshire et du boulevard de la Grande Parade. Ils avaient invité des amis lui avaient-t-ils dit. Il n’était pas du genre à aimer la compagnie mais avait fait exception cette fois car il avait besoin de repos, et rien ne pourrait lui faire plus de bien que la plage et ce soleil d’été. Ainsi avait-t-il quitté sa station thermale du centre de Warwickshire.
- Bonsoir Mr Poirot ! S’écria Mme Woods. Quelle joie de vous voir. Votre rhume est parti on dirait.
- Personne ne résiste à Hercule Poirot nous le savons bien. Dit-t-il en esquissant un sourire.
- Catherine chérie viens trinquer avec nous ! Dit John Woods l’hôte, mais aussi le duc de Windsor. Figure importante en Angleterre.
- Ah, Hercule Poirot. On ne vous attendait plus. Tenez je vous présente Diana Gordon l’amie d’enfance de ma femme,
- Enchantée dit-t-elle d’un air distant.
- Pete et sa compagne,
- Bonsoir, dit Peter. Je vous rencontre enfin !
- Mon mari est votre plus grand fan vous savez.
- Voyez-vous ça répondit-t-il.
- Andrew et Mary,
Andrew était un homme plutôt grand, maigre et l’air sûr de lui. Il était depuis des années le notaire le plus respecté de la famille Lemmings et très connu dans la ville de Kanbourg où il travaillait avant son mariage avec Mary.
- Ah, Poirot. Je pensais justement à vous hier, il faudrait penser à régler cette question d’héritage, votre belle-sœur m’appelle presque tous les jours.
- Ç’en est insupportable ! Dit Mary sur un ton de petite fille gâtée.
- Et votre ami Mr Hakkings. Il nous a raconté votre dernière affaire, surprenant je dois dire ! Comment avez-vous su que c’était la mère la meurtrière ?
- Élémentaire. Le fait que sa fille ait autant de succès auprès des hommes la rendait malade, sa jalousie crevait les yeux.
- Bien. Je pense que tout le monde a faim supposa John.
- Passons à table, Owen nous a préparé des canapés de caviar qui ont l’air exquis !
S’enquit Catherine
- Hakkings vous voilà. Vous ne m’aviez pas dit que vous aussi étiez invité chez les Woods !
- J’ai dû oublier. Mais dites-moi Poirot, cette affaire d’héritage… ?
- Pas bien grave, quelques membres de la famille qui cherchent justice là où il n’est question que de traitements de faveur.
Tout le monde commençait à manger dans un brouhaha général causé, le plus souvent, par les discutions narcissiques des dames de la Haute.
- Figurez-vous que le vase chinois que j’ai acheté la semaine dernière vient de m’être dérobé ! La vente aux enchères avait été un véritable carnage et j’ai du me battre bec et ongle avec un chinois bourru.
- Un vulgaire vase chinois ! Mais ma pauvre Catherine, ce n’est rien comparé aux boucles d’oreilles émeraudes et diamants que m’a offert Andrew pour notre anniversaire de mariage.
- Oh j’adore ce mélange de couleur ! Et quelle monture avait-t-elle ?
- Une monture en or blanc 14 carats. Mais hier soir alors que je lisais, j’ai jeté un bref coup d’œil à ma table de nuit, là où je les avais posées avant de prendre ma douche, soudain elles avaient disparues !
Mais ce n’est pas tout ! Le lendemain j’aperçois Margaret, vous savez cette greluche attifée comme une fille d’un soir, figurez-vous qu’elle avait aux oreilles les mêmes pendentifs que les miens ! Son amant les lui aurait offerts deux jours auparavant, sottises !
- D’ailleurs Mr Poirot pourriez-vous nous éclairer sur notre triste sort ?
- Allons mesdames intervint John, vous n’allez pas le déranger pour si peu !
- Si peu ! John je te signale que j’ai dépensé plus de 158.000 livres pour ce magnifique vase ancien datant de la dynastie Song (960 - 1279) il faisait 37 centimètres de haut et avait été confectionné à Kiln, dans le centre de la Chine.
- Et moi mes boucles n’ont pas seulement coûté 8 ans de salaire mais elles représentent l’amour qui nous unit moi et Andrew.
- Ma chérie, pour moi aussi c’est une grosse perte, mais ce qui compte plus que tout c’est notre couple !
- Mais les boucles étaient si belles !
- Poirot je vous en supplie aidez-nous !
- Mme Woods vous m’avez parlé tout à l’heure d’une vente aux enchères, figurez-vous que ça m’a rappelé celle où je suis allée avec un ancien confrère. Il y avait là-bas des objets magnifiques ! C’est un pur délice de savoir apprécier ces antiquités me disait l’acquéreur japonais et non chinois qui est aussi le dirigeant d’une société de la province du mont Fuji. Quand à vous Mme Lemmings, j’ai remarqué une tache sur votre robe. Vous savez ce que c’est ?
- J’ai du me frotter quelque part.
- Mais ça ne part pas n’est-ce pas ?
- Je n’ai pas du utiliser les bons moyens.
- Vous avez déjà été chez cette Margaret ?
- Je n’ai même pas voulu m’en approcher tellement les odeurs putrides qui s’en dégageaient étaient fortes !
- Elle est venue me voir pour ça, elle ne comprenait pas d’où venait l’odeur de moisi, pourquoi il y avait de la buée sur les vitres et des tâches noirâtres sur les murs. Eh bien tout ça provient de la moisissure, ce qui peut être évité si les habitants apprennent à gérer la qualité de l’air. Cette moisissure apparaît après la condensation crée par un pont de froid, soit un endroit plus froid que le reste de la maison, elle est favorisé par l’eau stagnant dans les murs.
- Je ne vois pas le rapport avec le vol de mes boucles d’oreilles!
Mais Poirot reprit sans faire attention à sa remarque.
- Cette tache sur votre robe est une tache de moisi, qui, si vous la nettoyez avec des produits classiques ne part pas. Cette robe que vous portez aujourd’hui est celle de Margaret avouez-le.
- Vous m’impressionnerez toujours vous, dit Pete.
- Il suffit d’ouvrir les yeux et regarder. Chose que très peu font.
Mary le regarda, outrée, n’osant plus rien dire.
Le reste du repas se fit dans un silence pesant.
- Je regrette presque les jacasseries infantiles du début chuchota Poirot à Hakkings.
- Je vais préparer le café !
- Je vous accompagne, vous aurez besoin de muscles pour tout porter !
- Allons John j’ai quand même assez de force pour porter un plateau.
- Catherine, ne faites pas la têtue, laissez-moi vous aider !
- Alors Diana à quand le mariage et les enfants ? Demanda Christine.
Mary m’a dit que vous avez passé deux semaines à Paris en compagnie de l’ambassadeur de Russie. Quel beau parti !
- Vous parlez trop vite. L’ambassadeur n’est qu’un ami. Quand au mariage j’ai tout mon temps pour y penser rétorqua Diana.
- L’horloge tourne. Je n’imagine pas ma vie sans mes deux beaux garçons et mon Andrew.
- Et où sont-t-ils vos garçons actuellement ?
- Avec la nourrisse, chez nous.
- Vous faites confiance aux nourrisses Mary ? Je vous avoue que moi et Pete n’arrivons pas à laisser notre bébé à des personnes en dehors du cercle familial.
- Eh bien vous avez tort Christine. J’en ai trouvé une absolument divine ! Les enfants ne font pas d’histoires, aucune crise, ils mangent à l’heure, se brossent les dents et se couchent sans un bruit.
- Et vous Poirot, aimez-vous les enfants ?
- Pas vraiment, je les trouve ennuyeux. Mais pourquoi vous ne demandez pas plutôt à Hakkings, il adore les enfants.
- C’est vrai Mr Hakkings ? Quel dommage de ne pas en avoir !
- Je n’ai pas encore trouvé la bonne personne disons.
- Oh, comme c’est touchant ! S’exclama Mary.
- Voilà le café, dit en arrivant Catherine suivie de près de Peter. Une pour vous Mary, Diana, John chéri j’ai déjà mis ton sucre, Mr Poirot, Mr Hakkings tenez pour vous, Christine et enfin Andrew.
- Tiens, comment savez-vous que John ne boit pas de café demanda Christine surprise.
- Il me l’a dit dans la cuisine dit Catherine en feignant l’impassibilité.
Poirot inspira une grande bouffée de chaleur que dégageait le café bouillant, laquelle se propageât dans tout son corps jusqu’à lui réchauffer les doigts de pieds.
- Ça vous dit une partie de backgammon ? Demanda John avec entrain.
- Je n’attendais que ça !
- Mary n’oublie pas ton café ! Tu as pensé à appeler la nourrisse pour savoir si tout allait bien ?
- Non, mais je le ferais après la partie Andrew chéri.
- Pete il nous manque deux chaises tu veux bien aller les chercher ?
- Non je ne joue pas.
- Moi non plus. Je suis un peu fatigué je ne vais pas tarder à aller me coucher.
- Et vous Poirot ?
- Non je n’ai pas très envie de jouer, je vais rester avec Hakkings et Mme Gordon.
- Mademoiselle Gordon.
- Ah oui j’oubliais.
Diana s’empara alors d’un briquet et alluma sa cigarette avec les manières d’une prêtresse égyptienne. Les cheveux noirs, coupes courts, ainsi que son visage carré lui donnaient un air plutôt froid et mesquin.
- Vous ne jouez pas ?
- Non.
- Pauvre Catherine, elle doit s’ennuyer de vous.
- Elle est avec son mari et ses amis comment pourrait-t-elle s’ennuyer ?!
- Vous croyez Mme Gordon ?
- Mademoiselle Gordon, ni fiancée, ni mariée, ni divorcée !
- Ni reprise ni échangée lança Poirot.
Donc, reprit-t-il vous avez une dent contre Catherine et son mari. Voyez-vous ça.
- Je n’ai aucune dent contre personne.
- Oui c’est d’ailleurs pour cette raison que vous restez avec deux hommes mornes et ennuyeux comme nous au lieu de rejoindre vos amis.
Hakkings se tourna vers Poirot, incrédule.
- J’ai juste envie d’être un peu seule.
- Si vous vouliez réellement être seule vous seriez dans votre chambre au lieu de rester là à les espionner. N’ai-je pas raison Mme Gordon ?
- Mademoiselle ! Non vous avez tort. Bonne nuit.
Et elle s’en alla s’enfermer dans sa chambre suivie d’un épais nuage de fumée.
- Comment saviez-vous qu’elle était fâchée avec Catherine ?
- Je ne le savais pas, maintenant si. Je ne supporte pas les fumeurs, leur maudite fumée m’asphyxie ! Quelle heure est-t-il ?
- Neuf heure moins le quart.
- Vous avez remarqué l’air gêné qu’a eu Catherine en revenant avec le café ?
- Je ne sais pas. Vous croyez que Mr Smith en est la cause ?
- Je ne crois pas, je le sais. Il se trame quelque chose entre ces deux là c’est moi qui vous le dit ! Bon je vais me coucher demain sera une journée intéressante Hakkings. Peut-être découvrirons-nous pourquoi Diana en veut aux Woods et quelle relation entretiennent Mme Woods et Mr Smith. Pauvre Christine avec son teint frais, sa peau laiteuse et son air de sainte-nitouche elle sait déjà tout depuis longtemps mais n’a rien osé dire. Elle souffre en silence c’est évident.
- Je vais lui tenir un peu compagnie. Un peu de soutien ne lui fera pas de mal.
- J’oubliais que les femmes fragiles vous ont toujours attirées.
- Mais voyons je veux juste la soutenir rien de plus.
- Il n’y a rien de mal à cela Hakkings. Au contraire ! Un autre homme dans sa vie lui remontera le moral. Sur ce, bonne nuit je compte sur vous pour garder un œil sur Peter et Catherine.
Cette nuit là fut paisible et calme comme pour préparer à la tempête du lendemain.
Poirot se leva de son lit vers les six heures et demie du matin, la mine réjouie par la bonne nuit de sommeil qu’il avait passé. Il s’habilla promptement et comme personne n’était levé il convenu de faire une balade sur la plage. L’air pur du bord de mer s’engouffrait dans une des grottes qui faisait parti imposante de la propriété des Woods.
- Bonjour Mr Poirot.
Cette voix rauque accompagnée d’une forte odeur de cigarette, ça ne pouvait être que Diana. Ce qui eut le don de gâcher sa petite balade en solitaire.
- Ah, Mme Gordon. Bonjour.
- Mademoiselle dit-t-elle en pestant.
- Oui on l’aura compris. Et que venez-vous faire dans cette grotte de si bonne heure ?
- J’aime bien venir ici. Ça me rappelle des souvenirs. Et vous, balade matinale je suppose ?
- Oui, mais je crois que je vais rentrer prendre un petit café histoire de me réveiller un peu. A tout a l’heure.
- A tout à l’heure.
Il était pressé de la quitter tellement la fumée l’oppressait. Je ne suis pas venu ici pour qu’on m’empoisonne se dit-t-il.
Une fois rentré il vit Mme Smith une tasse de thé à la main l’air totalement endormie.
- Bonjour Mme Smith.
- Bonjour Mr Poirot ! On dirait qu’il va faire beau aujourd’hui.
- Oui le soleil chauffe presque déjà et aucun nuage à l’horizon. Mais dites-moi, j’aimerais me faire un café vous pouvez me dire où se trouve la machine ?
- Laissez-moi faire je m’en occupe. Allez plutôt rejoindre John et mon mari, ils sont dans la salle de séjour.
- C’est très aimable à vous.
Quand il arriva dans la pièce Peter défendait avec ferveur sa position conservatrice au sein du gouvernement.
- Les parents peuvent tout à fait gérer ce problème John ! Je ne vois pas ce que l’État a à faire là-dedans !
- L’éducation je te le répète est la responsabilité des parents, certes, mais pas uniquement. Que deviendrait la jeunesse sans l’État et leurs campagnes de protection de l’enfance ?
- Je ne trouve pas que ce soit son rôle, pas du tout. Non je pense que c’est avant tout une question de…
- Bonjour, coupa Poirot.
- Bonjour Mr Poirot. Bien dormi ? Désolé pour le bruit mais la partie s’est finie tard.
- Je n’ai rien entendu, j’ai dormi comme un bébé. Mais pardon je vous ai coupé ?
- On parlait juste politique, un fidèle démocrate tel que John ne saurait entendre raison, n’est-ce pas ?
- Je te signale Pete que c’est toi qui a commencé à parler de ça. « Les adolescentes ne mesurent pas les risques et les responsabilités qu’entrainnent une grossesse ». Évidement qu’elles ne mesurent rien du tout, leurs parents ne font pas bien leur travail. Pas besoin de polémiquer là-dessus pendant trois quarts d’heure.
Poirot commençait à s’ennuyer sérieusement en venant même jusqu’à espérer la présence de Diana qui grâce à son 0,3 mg de goudron arriverait à faire suffoquer les deux hommes. Et, in facto les empêcherait de parler. Mais personne ne vint jusqu’à l’heure du déjeuner, c’est-à-dire midi pile.
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Poirot baillait régulièrement tout en regardant l’heure l’air contrit.
- Les garçons vous étiez là ! On vous attend pour manger, Catherine nous a préparé du canard à l’orange.
- Elle « a préparé » pouffa John je parie que c’est encore Owen qui a tout fait. Elle adore s’attribuer le mérite des autres.
- Je n’ai pas très faim dit Poirot je vais prendre ma tasse de café et aller dans ma chambre me reposer une minute.
- Oh Mr Poirot vous ne vous sentez pas bien ?
- Tout va bien Mme Smith. Ne vous en faites pas !
En réalité la discussion politique sur l’éducation et la jeunesse anglaise l’avait épuisé.
Il avait hâte de retrouver son lit, et sur le chemin du retour il croisa son bon ami Hakkings les traits tirés, des cernes noirs, l’air passablement amorphe.
- Hakkings ! Bien dormi à ce que je vois.
- Ah… Bonjour. Vous m’avez dit de garder un œil sur Smith et Woods ce que j’ai fait dit-t-il en baillant jusqu’à s’en décrocher la mâchoire.
- Alors vous me raconterez ça après manger pour l’instant je ne pense qu’à dormir. Il y a des fois je vous jure je me dis que j’aurais mieux fais de rester couché !
Il entra alors dans sa chambre, se glissa sous les draps, ferma les yeux et s’imagina marchant indéfiniment sur une plage déserte, le ciel bleu azur, le chant des oiseaux et la grotte où il avait aperçut Diana. C’est alors qu’en un déclic il se rappela ce que John lui avait dit : « Cette grotte est ma cachette secrète, il y a tellement de choses que j’ai vécu là-bas. Que de bons souvenirs ». Des bons souvenirs voilà ce qu’il avait dit.
*
- Mr Hercule Poirot ! Mr Poirot ! Mr Poirot enfin vous n’allez pas dormir tout l’après midi ! Il faut vous lever maintenant.
Il ouvrit les yeux, l’estomac brûlant, nauséeux, l’esprit encore troublé par son rêve.
- Je mangerais bien quelque chose.
- Oh bien sur, vous devez être mort de faim minauda Christine. Je vais vous réchauffer une assiette du plat de midi. Installez-vous confortablement à table.
- Décidément, je suis gâté avec vous Mme Smith !
Ils se dirigèrent ainsi tous les deux vers la cuisine qui, comme à son habitude, était propre et bien rangée.
- Vous savez qu’il est déjà deux heures ! Et vous n’avez toujours pas mangé. C’est très mauvais de faire ça.
- J’étais épuisé que voulez-vous. Vous avez vu Hakkings ? Il devait me parler tout à l’heure mais je me suis endormi avant.
- Hakkings, je crois qu’il est sur la véranda avec les Lemmings, Mlle Gordon, Catherine et John.
- Ah je vois.
Il réfléchit un moment avant de lui demander
- Vous êtes amoureuse de votre mari ?
- Quelle question indiscrète répondit Christine en rougissant. Bien sur que je l’aime, sinon je ne l’aurais pas épousé !
- Et vous, il vous aime ?
Soudain son regard changea et laissa entre apercevoir un esprit torturé.
- Je pense oui…
- Mais en êtes-vous sure ?
- Je… Je n’ai pas envie de parler de ça.
- Pardon c’est très impoli de ma part je m’excuse.
- Non vous n’avez rien à vous reprocher dit-t-elle dans un souffle. Ça fait quelques temps que ça dure.
Elle parut soudain perdue dans ses pensées comme si elle se remettait en question. Poirot savait qu’il avait touché un point sensible mais il était curieux par nature, ce qui par ailleurs lui avait valut son poste d’enquêteur au sein de la Police Judiciaire.
- Vous pensez qu’il voit d’autres femmes ? interrogea-t-il.
- Malheureusement…
Il commençait tout juste à désosser le canard quand soudain le téléphone sonna.
- Catherine le téléphone ! héla Christine.
- J’y vais, j’y vais ! répondit-t-elle.
- Allô oui qui est-ce ? Hm. Oui ne quittez pas il est là. Mr Poirot c’est pour vous.
Christine lui jeta alors des regards interrogateurs, qui pouvait bien avoir besoin de Poirot ? Était-ce encore une affaire de meurtre et qui cela concernait-t-il ?
Mais Catherine interrompit tous soupçons en annonçant la belle-sœur de Poirot.
Vingt minutes plus tard alors que le plat était déjà refroidi Mr Poirot et Mr Lemmings se réunissèrent dans la cuisine pour traiter l’affaire dont Poirot avait chargé Andrew c’est-à-dire l’héritage dont le testament de son oncle les avait rendu lui et sa belle-sœur héritiers réservataires.
- Donc. Votre oncle a laissé un testament authentique, rédigé par le notaire de la famille en présence de deux témoins, c’est-à-dire vous et votre oncle. Votre belle-sœur réclame la saisine, afin d’entrer tout de suite en possession de son héritage. Le problème c’est que votre belle-sœur se croit légataire universel, j’ai déjà essayé de lui expliquer mais elle n’a rien voulu savoir. J’en recours alors à vous pour lui expliquer que votre oncle a choisi deux légataires.
- Je lui expliquerai ne vous en faites pas pour ça, je l’ai eue tout à l’heure au téléphone je ne sais même pas comment elle a fait pour savoir que j’étais ici et obtenir ce numéro.
Poirot ne la portai pas dans son cœur, elle était plus vieille que lui et avait cet air hautain et aigri qu’il ne pouvait pas supporter. Elle non plus ne l’aimait pas et n’avait aucune considération pour lui, seul l’argent l’intéressait.
- C’est moi qui le lui ai donné, dit-il désolé. Je pensais qu’il fallait profiter de ce week-end que nous passions ensemble pour régler cette histoire qui traîne sur le tapis depuis déjà deux mois. Ma femme ne supporte plus ces coups de fils inopportuns que passe votre belle-sœur à longueur de temps. D’ailleurs je vous avoue que moi aussi je commence à avoir du mal, non pas que je n’aime pas votre sœur, heu votre belle-sœur mais comprenez, en plus avec tous les clients qui m’appellent à mon bureau… Chez moi j’aimerai être tranquille en profiter pour lire, écouter de la musique…
Il avait l’air lessivé, maussade, gris et Poirot eut de la peine pour lui, apparemment il avait beaucoup plus souffert de cette situation que lui.
Nouvelle policière, Diane Laudic (France) dianou_amitie@hotmail.com |