"Un jour", Gabriel FARGO (France)
Un jour
- 01h00, la fraicheur de la nuit me réveille, j'ouvre les yeux, je m'étire, les étoiles filent dans le ciel,les lumières de la ville scintillent,je
m'émerveille. Le calme règne ici,les oiseaux dorment en paix et le vent
ne s'est même pas levé.
03H00, je respire, j'entends l'eau qui ruisselle sous mes pieds, mon
coeur bat, j'admire ce lampyre posé près de moi. Je comprends toute la
fragilité de l'instant et toute la délicatesse qui m'entoure. Je marche
pieds nus, je ressens, j'écoute.
05H00, quelques promeneurs passent déjà, le boulanger depuis une
heure travaille de ses doigts agiles et d'argent, la lune va bientôt se
coucher car son ami le soleil vient de se réveiller. Je profite de chaque instant.
07H00, je croise un ange au visage amène, je me presse de lui faire
savoir qu'elle est belle à ravir. Nous échangeons un sourire puis partageons la saveur d'un café aux effluves d'orient. Nos coeurs s'emballent, nous coquetons sous un grand cerisier blanc. Je parcoure son corps d'un flot de caresses, elle m'envoute de son désir ardent et nous faisons l'amour comme de vieux amants.
09H00, je quitte les charmes envoutants et je m'envole au grès du vent, le soleil brille, ses larmes de feu réchauffent mon coeur,les tulipes s'ouvrent délicatement, le ciel est bleu, aucun nuage ne vient le troubler. Il n'y a pas de bruit, pas d'avions aux moteurs rugissants, ni de bagarres ni de guerres que l'on entends. Je me délecte de ce calme olympien. Je suis si bien.
11H00, une jeune maman est assise sur un banc, heureuse avec son bébé dans les bras, son sac est posé, elle n'a pas peur, personne ne viendra le lui arracher. Une vieille dame attends au feu, un adolescent lui prends le bras et l'aide à traverser, c'est touchant. Sur la place, des enfants s'amusent seuls en riant, leurs parents n'auront pas peurs pour eux, il n'y a ni fous ni méchants.
12h30, mon ventre gargouille, je file et je m'aventure à la taverne du temps, je me complais de cette savoureuse nourriture saine, mes papilles s'affolent. Les aliments ont un vrai goût. Un cadre romantique m'entoure, les fleurs parsèment l'horizon, les oiseaux volent dans le ciel à l'unisson, il n'y a pas d'usines au loin, ni de pollution. Je Jouis.
14H00, de mes pieds je foule les feuilles d'automne qui s'amoncèlent au sol, le parfum délicat de la mousse fraichement posée à l'ombre d'un vieux chêne me plait. Les senteurs champêtres viennent à moi et m'enivrent. Les bras ouverts je plonge dans ce champs de
coquelicots, je dors quelques secondes, le ciel azur se reflète dans mes
yeux.
Le vent bruit dans la forêt, la biche s'occupe de son faon, ils n'ont pas
peur. Je suis heureux.
16H00, je rencontre quelques passants, l'âge n'est pas important,le partage est intéressant. Nous apprenons à nous connaitre, nous rions, nous chantons. A l'ombre d'un peuplier, une jeune fille attends, sa robe de flanelle est au vent, ses yeux sont d'un vert éblouissant, je m'approche et dépose un doux baiser sur ses lèvres. Je la sers dans mes bras, et lui glisse des mots doux et charmants....l'instant pour nous
deux dure une éternité.
18H00, une fille dit je t' aime à sa maman, un jeune homme offre des fleurs rouges à sa promise, le boulanger sourit à son client, le garçon dit merci en partant. Les cloches de l'église sonnent, et des colombes blanches s'envolent gaiement.
20H00, je marche sur le chemin de l'instant, la lumière s'adoucit au
loin, le vent s'est effacé délicatement et la lune se montre timidement, il
y a peu de monde autour, les cheminées s'enflamment, les oiseaux retrouvent leur nid douillet, les fleurs se referment, les lumières de la ville se réveillent. Le temps s'accélère.
22H00, je souhaite une bonne nuit à ma voisine le temps, je remercie le jour pour la merveilleuse ballade. J'embrasse le front de mon petit ange, je lui écris un joli poème sur la vie et l'amour que je dépose à ses côtés. Je bois une larme de vin, et croque un ou deux raisins blancs.
00H00, je m'allonge dans ces draps blancs de soie, je ferme les
paupières, mais je ne dors pas. Je ne pleure pas non plus...
« Ce fut un jour de vie, de plaisir, d'amour puis de joie».
Fin
"Un jour", Gabriel FARGO (France) tncc.michel@gmail.com |