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"Nature, je vous aime", POSTIC Romain (France)

Nature, je vous aime

        Ce soir là, la Nature pleurait. La pluie claquait sur le sol et roulait jusque dans les caniveaux tel un condamné à mort que l’on traîne au poteau! Ces larmes du ciel se mêlaient à la crasse des villes et tombaient dans les égouts en criant! Les arbres nus, tremblaient, les feuilles mortes s’envolaient en tourbillon et allaient s’éclater, contre les murs des maisons mortes. C’était une nuit de misère, une de ces nuits qui annonce un malheur. Il n’y avait plus de couleur, le ciel était sombre, les oiseaux ne chantaient plus. Il n’y avait que le vent qui hurlait à travers les rues de la ville, frappant l’hôpital, le seul lieu où la lumière continuait de persister. On entendait les cris d’un nouveau-né, Alexandre. Il venait de voir la nuit, éclairée par une lumière synthétique. À présent il riait en regardant ses parents…
        Il n’était pas tombé au meilleur endroit mais ce n’était pas le pire non plus. Sa mère était femme de ménage. Étant enceinte, elle avait dû arrêter son travail qui lui demandait trop d’efforts. Son père quant à lui était maçon, il possédait une petite entreprise qu‘il avait du mal à faire tourner. Il est vrai que certaines fins du mois étaient parfois bien rudes pour ce couple. Le petit n’était alors pas prévu parmi leurs projets, il n’était qu’un accident. Étant très croyants, car quand on a peu pour vivre il faut bien se rattacher à quelque chose qui vous redonne un brin d’espoir, ils ne pouvaient demander l’avortement. La mère pria tous les jours le bon Dieu, pour qu’une fausse couche vienne interrompre ce manège, qui les enfoncerait encore un peu plus dans la misère. Cependant la vie est parfois capricieuse et Dieu un peu sourd. Ce qui arriva, arriva donc avec regret mais ils ne purent s’empêcher de sourire devant l’innocence de ce nouveau-né.
        Vivant très modestement, ils louaient un appartement dans une HLM et Alexandre grandit dans ce milieu. Sa mère travaillait de jour comme de nuit, pour gagner une misère de plus. Car depuis que le petit était là, leurs salaires ne suffisaient plus. Elle dormait de moins en moins et de grosses cernes bleues apparaissaient sous ses yeux mais Alexandre était trop jeune pour les voir. Quand à son père, il travaillait peu, il n’avait presque aucun client mais il ne cherchait pas à en avoir non plus. Il passait ses journées devant la télé, étalé dans son canapé à siroter des bières en regardant les match de football. Lorsque la mère s’en allait travailler, il déposait Alexandre avec les jeunes de son âge dans un enclos où ils pouvaient jouer, cela lui permettait de ne pas s‘en occuper. Il y avait une balançoire et un bac à sable, le peu que l‘administration locale avait daigné mettre en place pour les jeunes de cette tour. Le père demandait aux mères des autres enfants de surveiller le petit. Certaines étant par nature des mères adoptives, elles acceptaient avec plaisir.
        Un jour, Alexandre jouait comme à son habitude dans le bac à sable. Son père était alors sur un chantier et sa mère faisait le ménage chez une personne âgée. Le petit était surveillé par une maman à qui l’on avait confié la garde de plusieurs enfants. Ce jour là, la Nature était heureuse, le soleil rayonnait et un vent tiède léchait les visages. La nouvelle maman de l’après midi, s’était installée sur un banc, elle lisait tout en gardant un œil sur les enfants qui construisaient un château de sable. L’air était si bon, qu’elle s’endormit doucement. Le château venait de s’effondrer. Les enfants voyant que leur nourrice dormait, ils décidèrent de s’approcher de la balançoire. Cela leur était encore défendu mais à ce jeune âge on brave les interdits, on cherche les limites et l’on découvre de nouvelles frontières. Ils s’approchèrent donc doucement de ce géant à quatre pieds qui les regardait de toute sa hauteur. Alexandre était plus curieux que les autres, il voulait dompter ce monstre. Il s’approcha un peu plus, se mit debout et attrapa d’une main la corde et de l’autre la planche de bois. Il était fier, il venait de terrasser la créature. Il ne tenait pas encore très bien sur ses jambes, il tanguait comme un homme saoul. Le mal arriva, Alexandre tomba, renversa la balançoire, qui partit en arrière telle une main qui prépare une claque. L’enfant se releva et la balançoire appliqua son châtiment, elle le frappa au front. Il tomba dans les pommes, le sang chaud mouillait l’herbe sèche. Les autres ne sachant quoi faire se mirent à pleurer. Ils étaient tellement en harmonie que l‘on aurait cru entendre une de ces chorales que l’on chantaient dans les églises. Les cris réveillèrent la dormeuse en sursaut, elle se précipita sur le blessé…
        Alexandre se remit de sa blessure, sa mère vint le chercher à l’hôpital. Les médecins lui expliquèrent qu’il garderait une cicatrice mais que se serait la seule séquelle. Ils rentrèrent à la maison, Alexandre était calme, sa maman le combla de câlins et son père lui prêta un peu d’attention. L’orage était passé et durant quelques instants une chaleur familiale envahit les lieux. Les printemps défilèrent et Alexandre devint un jeune homme, il venait de passer son  BEP, n’étant pas un excellent élève, il avait préféré s’orienter vers une voie plus manuelle. Ce qui lui plaisait, c’était les motos. Son père était fier de lui bien qu’il aurait souhaité que son fils prenne sa relève dans la maçonnerie. Un jour il dit à Alexandre que ce qu’il désirait avant tout c’était qu’il réussisse dans sa vie et trouve sa voie. Le jeune homme fut très touché, c‘était la première fois qu‘il entendait son père lui parler ainsi. Il aurait voulu poursuivre ses études pour se spécialiser d’avantage, mais sa mère qui était tombée malade, voyait en ce fils inattendu un moyen pour elle et son mari de subvenir à leur besoins. Si son fils travaillait, cela pouvait lui permettre de se reposer. Alexandre ne voulait pas contredire sa mère, il trouva donc un job chez un garagiste mais malheureusement loin de l‘appartement. Il décida qu’en même de prendre ce travail. Il loua un deux pièces non loin du garage et il promit à sa mère de lui envoyer de l’argent chaque mois. Les premiers mois s’écoulèrent, il ne gagnait pas beaucoup d’argent mais il réussit tout de même à en envoyer une partie à la maison, il gardait le reste pour payer son loyer et économiser. Son rêve était de s’offrir une moto. Il aimait la vitesse, cette impression de liberté, le vent qui vous porte vers l’horizon lointain, oublier la misère qui vous guette, ne pas regarder en arrière et foncer! Ah, c’était cela qu’il désirait, s’envoler loin des tours de béton oppressantes, loin de toute cette galère que l’on appelle la vie.
        Un jour sa mère l’appela, elle voulait qu’il lui envoie davantage d’argent. Alexandre s’énerva, il lui expliqua qu’il ne pouvait pas, qu’il économisait pour s’acheter sa moto. Elle explosa, comment son fils pouvait-il d’abord penser à s’acheter une bécane avant d’aider sa mère!
Elle lui raccrocha au nez en lui crachant qu’elle ne voulait plus de son argent et qu’elle ne voulait plus entendre parler de lui!
A présent Alexandre était seul et les mois passèrent. Il trouva une guitare dans une brocante et apprit à en jouer. Il aimait la musique, ces sons qui vous envoûtent, ces sons qui sortent de nul part et qui se perdent dans le noir. Cette vague baignant les oreilles, éveille les sens et caresse le cœur. Il aimait jouer le soir au bord de sa fenêtre, lorsque la nuit est bleue, que les étoiles scintillent de bonheur. Il avait l’impression qu’elles l’écoutaient et que certaines brillaient plus fort au son de la musique. Après avoir joué, il s’arrêtait et c’était son tour d’écouter la Nature, les arbres se remuant au rythme du vent, les oiseaux chantant en chœur et s’embrassant sous les étoiles. Tout cela l’envoûtait et lui faisait oublier un instant la solitude. Il avait toujours aimé la nature, lorsque ses parents se disputaient, il quittait l’appartement et allait se poser sur une colline. Depuis celle-ci il pouvait voir s’étendre la forêt et les champs. Souvent il s’imaginait partir en courant et ne plus revenir, partir loin.
Un jour, l’envie lui prit, c’était le jour où il y avait eu une grosse dispute à la maison, il décida de partir, il voulait voir, il voulait savoir ce que cela faisait d’être libre. Alors il enleva ses chaussures et descendit la colline sans se retourner, il caressa de ses pieds l’herbe chaude, il tendit la main, le blé le chatouillait, il était bien. Il s’allongea et sentit le parfum de la terre, le parfum de la Nature, puis il s’endormit en rêvant de bohême. Une fois réveillé, il rentra chez lui, il ne voulait pas aller plus loin, il se contenta de cet instant intime avec la liberté.
         Après cette dispute avec sa mère, il put mettre plus d’argent de côté et à force d’économiser, il pût finalement s’offrir cette moto dont il rêvait. Cela faisait presque un an qu’il n’avait pas eu de nouvelles de ses parents, il décida alors d’aller les voir pour s’excuser. Avant de rentrer à l’appartement, il alla acheter un bouquet de fleur pour sa mère et une boîte de chocolats pour son père. Lorsqu’il entra dans la maison, il découvrit sa mère, elle était belle, trop belle, ses cernes avaient disparu. Il comprit alors que depuis le jour où il était partit, elle n’avait plus eu besoin de travailler la nuit. Tout le cinéma qu’elle lui avait fait à propos de l’argent n’était que mensonge… sans dire le moindre mot, il déposa les fleurs et le chocolat sur la table et s’en alla, sa mère n’osa pas le retenir. Il avait vu sa créatrice deux minutes sans qu’aucun mot ne soit échangé mais ces deux minutes furent pour lui les pires de son existence. Il se sentait trahi, comme si depuis le début il n’avait été là que dans un seul but, celui de ramener de l’argent. La haine le pris et sur le chemin du retour, il roula trop vite. Sa conduite était dangereuse et les larmes lui brouillaient la vue. Le vent était contre lui comme s’il tentait de le retenir, mais il prit un virage trop serré, la moto se retourna, il s’envola et atterrit sur l’herbe.
Celle-ci le porta comme on porte un héros de guerre qui vient de mourir.
        Lorsqu’il se réveilla, il était dans un hôpital. Il ne pouvait plus bouger les jambes, les médecins lui expliquèrent qu’il avait eu de la chance. Il demanda depuis combien de temps il était ici? Ils lui répondirent que cela faisait un mois. Un routier s’était arrêté quelques minutes après l’accident et avait pu prévenir les secours. On lui expliqua qu’il pourrait réutiliser ses jambes mais qu’il garderait des broches et qu’il lui serait impossible de recourir. Personne n’avait pu prévenir ses proches, puisqu’il avait été retrouvé sans papiers. On lui demanda s’il désirait prévenir quelqu’un? Il n’avait pas encore eu le temps de se remettre du fait qu’il ne pourrait plus utiliser ses jambes. Soudain, il se rappela de l’entrevue avec sa mère et répondit aux médecins qu’il n’avait pas de proches, qu’ils étaient tous décédés.
        Après quelques mois d’hôpital, où il avait passé la plupart de son temps à dormir ou à faire de la rééducation, il put enfin sortir. Une fois dehors il décida d’aller s’asseoir, il se dirigea vers un parc et se posa devant un étang. Depuis qu’il s’était réveillé, il n’avait pas eu le temps de faire le point sur sa situation. Après quelques instants, il se sentit soudain très seul, il n’avait plus de parents, il n’avait pas d’amis, d’ailleurs il n’en avait jamais vraiment eu. Lorsqu’il était plus jeune il allait parfois jouer avec ceux de son âge mais il n’avait jamais vraiment établit de liens. Il n’avait pas non plus de fiancée, il avait bien rencontré quelques filles mais il n’était jamais tombé amoureux. En fait Alexandre n’avait jamais établi de liens forts avec qui que se soit, il préférait la solitude. C‘est lorsqu’il pris conscience qu’il était vraiment seul, qu’il aurait eu besoin que quelqu’un le réconforte, l’écoute et l’aime. Soudain les larmes lui vinrent, il ne put s’empêcher de pleurer devant son malheur, depuis le début de sa vie, il n’avait été réellement heureux qu’une fois, dans ce champ où il s’était endormit. Alexandre n’avait jamais connu de moments de chaleurs, ceux qui vous prennent au corps et qui vous rappellent que la vie est merveilleuse. Il ne connaissait pas ces rêves là.
Devant cet étang il releva la tête, il regarda un poisson rouge qui ne cessait de s’agiter au milieu de ce petit espace d’eau. Le poisson lui sembla bien seul. Il semblait lui aussi vouloir chercher la sortie. Soudain le poisson s’arrêta de nager, Alexandre le regarda, le poisson ne bougeait plus et à présent il flottait, il était mort. Alexandre se rendit compte que la Nature délaisse parfois certains. Qu’avait fait ce petit animal pour mériter cette vie? Rien, il n’avait rien mérité, c’était le hasard, ce poisson n’avait pas eu de chance, il a vécu dans cette flaque, il est mort dans cette flaque.
Alexandre ne pouvait vivre ainsi, il n’acceptait pas de voir sa vie défiler et finir si vite, il lui fallait de l’espace, il lui fallait de la vie, il voulait la liberté. Il décida alors de partir sur les routes, de visiter le monde.

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        Naturellement, on ne peut vivre avec les loups lorsqu’il n’en existe plus. Alexandre ne put vivre sa vie de bohême, il n’avait pas d’argent et le monde d’aujourd’hui ne laisse pas de place pour les pauvres. Il dut faire la manche pour subsister et bientôt le temps le terrassa, le froid l’empêcha d’avancer, il dut trouver le moyen de se réchauffer, la seule solution qu’il lui restait fut l’alcool. Après quelques temps, lorsqu’il comprit qu’il ne pourrait vivre son rêve, il voulut retourner à son travail mais le garagiste avait trouvé un autre employé plus qualifié. Il voulut alors retourner à son studio mais celui-ci avait été loué à d’autres personnes, ses objets personnels avaient été déposés sur le trottoir et naturellement les passants avaient tout ramassé. Il ne lui restait alors plus rien et la bouteille devint alors sa seule amie. Il se mit à boire, à boire pour oublier, à boire pour ne pas songer aux lendemains qui s’écrivent sans lui laisser le temps de tourner les pages. Alexandre avait sauté du TGV que l’on appelle la vie, il avait fait un choix qui s’était révélé être irrémédiable. Il perdait la mémoire, il s’était tellement convaincu que ses parents étaient morts, qu’il finit par y croire vraiment. L’alcool, vicieuse amie, l’enivrait, le droguait, lui consumait sa force. Il ne prenait plus aucun soin de son corps, les mois passèrent et bientôt les années, ses dents étaient pour la plupart tombées, sa peau était asséchée, ses cheveux était tout le temps gras sauf les deux fois par mois où il avait la chance, qu’un passant lui tendent un billet pour passer une nuit à l’hôtel, de façon à ce qu’il puisse prendre une douche. Cela faisait deux ans qu’il vivait sous les ponts mais son corps donnait l’impression qu’il en avait passé dix. Alexandre avait compris que la Nature est une femme qui ne contrôle pas sa force, lorsqu’elle veut vous serrer doucement contre son sein, elle vous broie la vie jusqu’à ce que vous suffoquiez.
        Le soir, il dormait dans un carton, il regardait les étoiles, elles couraient dans ses yeux et des petits diamants glissaient le long de ses joues. C’était le seul trésor qu’il lui restait, cet amour qu’il n’avait jamais partagé et qui pourtant ne cessait de briller. Il ne se sentait plus vraiment seul, le vent qui l’avait vu naître, lui caressait le visage, le couché de soleil lui chatouillait le visage avant de s’endormir, la Nature l’appelait, elle voulait qu’il s’en retourne au commencement. Il le savait, à présent il ne faisait plus parti des Hommes, il était autre chose, il le voyait bien lorsqu’il faisait la manche, les gens ne changeaient pas, le temps les accompagnait. Cependant, lui, subissait un autre temps, plus rapide, plus dur, plus agressif. Les passants ne le regardaient plus et lorsqu’ils daignaient le regarder, c’était toujours avec un profond mépris qui lui rappelait qu’il n’était rien.
        L’espoir, il l’avait perdu depuis le jour où il s’était décidé à aller faire une recherche d’emploi. On l’avait alors jeté dehors en lui crachant au visage qu’il devrait d’abord aller prendre une douche avant d’espérer pouvoir aller curer les chiottes de la gare. Tant qu’un homme a de l’espoir, il sera toujours capable de trouver la volonté nécessaire pour avancer dans sa vie. Cependant dans certains cas, certains lieux, l’espoir s’en va et c’est comme une femme qui vous quitte en emportant votre cœur, on ne s’en remet jamais. Depuis Alexandre continuait de tendre la main en attendant la pitié ou la générosité d’un passant. Mais il ne souriait plus, d’ailleurs il ne pouvait plus, l’alcool qu’il prenait tous les jours, le laissait dans un état second où il ne sentait plus les minutes passer. Pour Alexandre, la vie n’avait plus aucun sens, il se considérait comme de la merde, il sentait la merde!! Cependant il voulait vivre encore un peu, il voulait pouvoir admirer encore quelques couchers de soleil et voir les étoiles briller encore quelques fois. Ce n’était pour lui que son seul plaisir, mais quel plaisir!! Il aimait parler pendant des heures avec les arbres, jusqu’à ce que la faim le prenne et qu’il soit obligé de retourner tendre la main.
        La plus petite flamme d’espoir s’était éteinte, la folie inonda son esprit, il revoyait en lui les scènes de sa vie, il était depuis trop longtemps moribond.
        Alors il alla se poser en haut d’une colline qui ressemblait à celle de son enfance, il voyait l’horizon infini, celui qu’il lui était interdit de toucher. Il se sentait si petit face à ces étendues de couleur, grouillant de vie et de bonheur. Ce soir là, le coucher du soleil fut plus radieux que d’habitude, on se serait cru devant un feu d’artifice qui explose doucement, afin que vous puissiez savourer chaque instant comme si c’était les derniers. Alexandre devant cette merveille, repensa à sa vie, il la trouvait courte, il avait vécut trop de malheurs, trop de peines. Mais il ne regrettait pas tout, il avait pris le temps d’admirer la Nature, cette femme aux mille beautés, qui ne cesse de vous surprendre et qui, lorsqu’elle vous donne un baiser vous prend en même temps votre vie. Mais quel baiser!! Pour un baiser de la sorte, il faut au moins une vie. Ce n’est plus un point rose sur le « i » du verbe aimer, c’est le verbe aimer qui apparaît tout en rose et Alexandre avait eu droit à ce baiser mortel, il avait vu de ses yeux la plus belle et la plus atroce des femmes. Il s’endormit satisfait de sa pensée et pour la première fois, il dormit dans la position du fœtus. Il se sentait protégé tel l’enfant qui attend de naître, de voir la lumière, cette lumière atrocement belle.
        Au petit matin, l’aurore le réveilla, il s’étira, il était heureux, il aimait. À présent plus rien ne pouvait le retenir, il marcha sans se retourner. Il alla au pont qui s’étend au-dessus de la ligne de chemin de fer et attendit que le train arriva. Lorsqu’il l’entendit, il passa par dessus la barrière, il repensa un instant à sa vie, à ses parents qu’il avait aimé malgré tout. Puis sûr de lui, il se jeta en criant «  Nature, je vous aime!! » avant que le train ne l’emmène…rejoindre son amour.

 

"Nature, je vous aime", POSTIC Romain (France) kidcrash18@hotmail.com
 
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