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Jacques Waelès (France),
concours de nouvelles, catégorie "science fiction"  

LE SIECLE DES LUMIERES

La nouvelle fit l’effet d’une bombe dans le monde entier.

En quelques heures toute la planète l‘apprit, que l‘on se trouvât dans une grande ville occidentale, un village sibérien, la brousse africaine, l’extrémité de la Patagonie.
Des scènes de panique, d’hystérie collective éclatèrent sur les cinq continents.
Des suicides par milliers, des manifestations, des débordements populaires, des émeutes... 
Les gens communiquaient comme jamais ils ne l‘avaient fait, exorcisaient leur angoisse en parlant de tout et de rien, espéraient en apprendre davantage par tout moyen existant, se mettant à croire à n’importe quelle rumeur susceptible de rassurer, s‘accrochant à toute perche tendue, qu‘elle fut fondée, objective ou bien farfelue, dérisoire….D’autres se terraient chez eux, toutes persiennes et volets clos, d’autres encore erraient, hagards, en psalmodiant. Certains enfin, se précipitaient dans les magasins pour constituer des réserves comme en temps de guerre.

La terre avait connu des situations qui l’avaient mise à mal depuis sa création : incendies, éruptions volcaniques, secousses telluriques, raz de marée, sécheresses, inondations, mais jamais, jamais un tel cataclysme.… On se croyait à l’abri au 21e siècle, on allait pourtant connaître la vulnérabilité totale et un désastre que l‘on n‘aurait jamais pu imaginer, même dans nos plus mauvais rêves.

Deux gigantesques météorites  étaient entrées en collision à plusieurs milliers de kilomètres de la terre.

Les astrophysiciens de la Nasa l’avaient prévu mais les gouvernements, dubitatifs, avaient décidé d’un commun accord de taire cette information afin de ne pas effrayer la population. Ils avaient sous estimé le phénomène mais ils le découvrirent quelques jours après, médusés : un nuage de poussière d’une masse prodigieuse de plusieurs centaines de milliards de tonnes, s’avançait vers la terre et allait l’entourer et l’asphyxier inexorablement, l’opacifier complètement, la rendant inaccessible aux rayons du soleil, la privant, de ce fait, de toute lumière, cela pendant une centaine d‘années. 

A l’échelle de l’univers, cette catastrophe n’était qu’un détail, ce genre de rencontre entre deux météorites devait se produire des millions de fois chaque jour, et une durée de cent ans sur plusieurs milliards d’années, ne représente qu’une parenthèse, mais pour les terriens, en 2008, c’était la pire calamité pouvant survenir. Un désastre incommensurable. La preuve qu’ils n’étaient qu’une poussière dans l’univers, et, bel et bien mortels.

Un mois. Un mois de délai nous était offert avant l’obscurité. L’humanité devait mettre ces jours à profit pour réagir et s’organiser. Les gouvernements du monde entier, les médias, des conférenciers, des leaders d’opinion, des intellectuels tentaient de calmer les habitants, donner du sens, éviter une psychose généralisée ; mais personne n’était formé ni préparé à ce type de gestion de crise, tant l’ampleur de celle-ci dépassait l’imagination.
On pouvait relativiser un conflit armé, justifier une explosion nucléaire, dédramatiser la grippe aviaire, mais pas l’obscurité totale pendant un siècle.

Nous étions à la veille d’un cauchemar planétaire absolu.

Qu’allions-nous devenir ? Si nous devions définitivement rester dans le noir complet, il n’y avait plus qu’à décliner doucement jusqu’à la mort. Cependant nous n’avions pas le droit pour les générations futures de laisser s’éteindre notre civilisation d’abord, et notre espèce ensuite ; d’ailleurs, notre instinct animal et atavique de conservation nous interdisait de nous laisser emporter.
Mais allait-on vivre comme des mendiants après une épidémie de peste au moyen âge, quand tout a été décimé? Allait-on errer dans les campagnes désertées ? Quelle existence, quelle vie mener dans ces affres ? Le désespoir, l’angoisse se lisaient sur tous les visages.

Jamais les lieux de culte n’avaient été aussi fréquentés. Les églises, cathédrales, temples, mosquées, synagogues ne désemplissaient pas. Les plus mécréants invoquaient tous les dieux et leurs saints, se prosternaient devant la moindre statue, l’icône la plus insignifiante. On se prit à implorer le dieu du soleil comme les incas ou les romains. Et si c’était eux qui avaient eu raison, et s’ils avaient maintenu à distance ce genre de bouleversement avec leurs rites sacrificiels ? Même la métempsycose eut droit à ses adeptes. Rien ne fut laissé au hasard, tout était bon pour espérer autre chose.

Au bout de sept jours d’un chaos indescriptible il y eut un début de conscientisation dans le monde entier, mais à des degrés différents selon la modernité des pays, leur degré d‘industrialisation. Il fallait s’organiser, réfléchir, réagir.
On s’inspira des pays scandinaves comme la Finlande où la nuit hivernale dure six mois ; de Montréal où un centre commercial souterrain a été construit, permettant aux habitants de faire leurs achats, aller au restaurant, au cinéma, par moins 30° en chemisette, sans subir l’hiver. On envisagea de construire, des centaines d’hectares de serres, à l’instar de celles du sud de l’Espagne, pour continuer à produire des fruits et légumes sans lesquels on ne pourrait survivre.
On projeta de bâtir plusieurs centrales nucléaires pour fournir l’énergie dont on aurait tant besoin pour s’éclairer et surtout se chauffer pendant cent ans, car les réserves de pétrole étaient insuffisantes pour cette durée. Il faudrait, en outre, prévoir de légaliser la coupe du bois afin que le stock disponible ne disparaisse pas trop rapidement.

Les non-voyants, d’ordinaire marginalisés, furent très courtisés et questionnés : ils détenaient peut-être une amorce de solution, une clé de lecture ; tout au moins pouvaient-ils rassurer, car enfin, ils pouvaient être joviaux et dynamique, or, ils vivaient dans l’obscurité…

Mais les centres commerciaux souterrains, les serres et les témoignages n’y firent rien. La démographie allait s’effondrer, la mortalité bondir, l’espérance de vie, jamais aussi forte en ce début de siècle allait reculer de plusieurs dizaines d’années tant la lumière est essentielle et vitale pour l’homme. Seuls les plus forts résisteront.
On se disputait pour des peccadilles, comme des rats dans une cage soumis à des décharges électriques, et s‘en prenant l‘un à l‘autre, alors que l‘agression est extérieure, et paradoxalement, les motifs d’ester en justice pour des causes plus graves, et d’engager de longues procédures, étaient abandonnés, comme si le temps était compté.

Le moral du monde entier était au plus bas. Etait-on condamné réellement à vivre comme des taupes pendant cent ans ? Réaliser qu’un enfant qui naîtrait cette année aurait peu de chance de voir le soleil durant toute sa vie était insupportable, dramatique, inimaginable, inconcevable.
Quel messie, quel sauveur serait capable de nous sortir de là ? Dieu ? Que fait-il ? On lui prête des pouvoirs fabuleux ! Alors, pourquoi n’ordonne-t-il pas que ce compte à rebours diabolique s’arrête ? Pourquoi a-t-il proclamé « remplissez la terre et l’assujettissez » si soudainement il la laisse dépérir, balayant d’un revers de manche cinq milliards d’années de colonisation ? Ou bien veut-il nous avertir, nous suggérer de la protéger au lieu de l’appauvrir ? Ces météorites sont-elles son bras armé ? Seigneur ! Viens-nous en aide !
Hélas, rien n’y fit, aucune incantation, aucune prière, même le Pape implora, en vain, le Très Haut.

Les spécialistes avaient eu raison. Au bout de cinq semaines le ciel commença légèrement à se voiler. D‘abord, il fut laiteux durant une quinzaine de jours en laissant apercevoir encore le soleil. Puis il se couvrit davantage, on devinait l’astre de vie en transparence comme par temps très nuageux. Notre toit devint alors franchement sombre dans un processus angoissant car irréversible et dont nous avions conscience qu’il nous acheminerait lentement vers la nuit noire.
Il fallait en profiter car nous savions que d’ici peu, seules les dérisoires expositions aux rayons uv de synthèse et la luminothérapie auraient petitement raison de ce manque infernal. Le fait que nous fussions en juillet rendait la situation encore plus intolérable et ahurissante.

L’évidence nous apparut progressivement mais personne n’en parla au début comme pour conjurer le sort et nier l’évidence incontestable : le silence commençait à s‘imposer dans la nature, à l‘engourdir. Les oiseaux ne chantaient pratiquement plus, le bourdonnement continuel des champs et des jardins était comme bâillonné. Seuls les chiens aboyaient voire hurlaient car ils sentaient un phénomène anormal. Un gigantesque couvercle allait nous recouvrir.

Au bout de trois mois, nous fûmes plongés dans la nuit, et ce, pour un siècle.

Nous ne nous réveillerions plus jamais le matin en apercevant un rai de lumière se glisser sous une porte ou entre les volets, au son des tourterelles ou du coucou. Fini le chant du coq dans les campagnes. Il faisait 8° le matin, guère plus en milieu de journée, le soleil n’étant pas là pour réchauffer l’atmosphère. 8° en juillet, alors qu’en cette saison on pouvait connaître de 20 à 30° ! Il n’y avait pas de précipitations car pas de chaleur donc pas de condensation, pas de pluie, ni de nuages, ni de vent.
C’était le calme plat, pesant, comme lorsqu’il a neigé et que les sons semblent emprisonnés.

La morosité n’était plus de mise, c’était la dépression généralisée, la panique sourde, la terreur palpable et permanente. Le plus noir des cauchemars que l’on puisse vivre puisque nous étions dans un point de non retour, pour le restant de notre vie. A chaque tentative de sortie de cette gangue où nous étions englués, nous réalisions une conséquence à laquelle nous n’avions pas pensé, que nous recevions comme un coup de massue, et nous retournions dans un profond défaitisme comme au fond d’un terrier.

Les séquelles de cette nuit permanente étaient, en effet, innombrables et se firent connaître progressivement. Les spécialistes les attendaient mais n’en avaient pas fait la prophétie afin de ne pas démoraliser les populations plus qu’elles ne l’étaient. Tous les animaux nocturnes proliféraient d’une façon anarchique et exponentielle, les rats notamment, allaient coloniser la terre en moins d’un an. Les fleurs disparurent de la surface du globe en un mois. Quant aux arbres, ils vivaient un automne avant l’heure, la photosynthèse n’opérant plus son miracle quotidien, et pour l’instant, ne faisaient que perdre leurs feuilles.
Mais qu’allait-il se produire au printemps prochain ? Resteraient-ils comme des squelettes décharnés puisqu’on allait vivre un hiver permanent ? Le plancton ne nourrirait plus les petits organismes marins qui eux-mêmes ne permettraient plus aux poissons de manger, et c’est toute la chaîne alimentaire qui allait s’effondrer comme un château de cartes. Chaque être vivant, animal ou végétal, sur la terre étant en interdépendance avec un autre, c’est aussi le cas du climat, des précipitations, des vents, et une composante indispensable ayant disparu, un gigantesque bouleversement systémique allait s’opérer sous nos yeux impuissants et atterrés.

La production laitière mondiale cessa. Seuls quelques privilégiés pouvaient acheter à prix d’or un lait produit dans des fermes éclairées en permanence par des néons reproduisant la lumière solaire. Les serres commençaient à être construites pour ne pas perdre de temps et pouvoir nourrir les hommes. Cela coûtera une fortune mais même le blé poussera sous d’immenses serres plastifiées, chauffées et éclairées en permanence. Imaginons le prix d’une tonne de blé ! Celui du pain, des pâtes alimentaires, des gâteaux ? Ne rêvons pas, cela ne nourrira que les plus riches, et pour combien de temps ? Car enfin, s’il n’y a pas ou peu d’aliments, la pénurie sera mondiale, la famine ne tardera pas à s’installer dans l’hémisphère sud et une inflation pharamineuse dans l’hémisphère nord, donc pas de moyens financiers pour acheter de quoi se nourrir, car, les entreprises, du moins la plupart, ne survivront pas….

Les chercheurs émirent l’hypothèse que dans cent ans, on dénombrerait à peine un milliard d’hommes contre cinq aujourd’hui. Il y a ceux qui ne survivront pas, et ceux qui ne naîtront pas car rien ne favorisera une forte démographie, loin s’en faut. Les maladies ne se firent pas attendre, les populations étant stressées à l’excès, les organismes immuno-déprimés, une quantité de pathologies se déclarèrent instantanément, cancers, crises cardiaques, maladies psycho-somatiques. Jamais l’humanité n’avait vécu une telle horreur, un drame de cette ampleur, un malheur global, universel.

Et soudain, l’impossible se produisit. Un miracle ! C’était un miracle ! Jamais nous n’aurions imaginé ce dénouement tant il tenait justement de l’impossible auquel on ne croyait plus !
Nous allions être sauvés par une autre manifestation naturelle et régulatrice. D’énormes ouragans changèrent la face du monde ! Nous dûmes notre salut et celui de l’humanité à des ouragans !

C’est grâce aux mers chaudes des régions tropicales que le phénomène naturel survint. De tous temps, la température de ces mers chauffe l’air ambiant qui rencontre, plus haut, des courants d’air frais, ce qui peut créer une dépression telle que parfois un  ouragan va naître, former un tourbillon et dériver en ravageant des contrées entières.
C’est-ce qui se passa alors mais avec une force décuplée par la différence entre l‘air encore chaud, malgré ce début de nuit permanente, et le ciel plus froid que d’ordinaire, les rayons du soleil étant absents, justement à cause de cette chape de poussière de plusieurs kilomètres de haut.
Plusieurs phénomènes identiques se produisirent alors presque instantanément, dans trois régions du monde, et provoquèrent le miracle : des trouées dans le manteau noir qui nous étreignait depuis trois semaines.
Les cyclones furent dévastateurs pour les pays concernés, mais, très égoïstement, ces conséquences ici-bas nous laissèrent indifférents tant nous étions occupés par ce qui était en train de se produire plus haut : les percées occasionnées dans le ciel provoquèrent un déséquilibre, et donc un mouvement de balancier entre une masse d’air « vierge » et une autre chargée de poussières. Cela, au bout de quelques mois, eut pour effet de nettoyer progressivement le ciel, car au gré de chaque mouvement, quelques milliers de tonnes de matières célestes étaient renvoyées dans l’espace.

Alors, on retrouva du vent, des échanges thermiques, des précipitations, pendant quelques semaines sans apercevoir quoi que ce soit d’autre. Puis très progressivement, d’abord timide, on aperçût un ciel pâle, pendant un mois. Oh ce n‘était pas le grand beau temps, mais on comprit alors que le processus fatal était interrompu.

Et enfin, un beau jour, je dis bien un beau jour, nous vîmes la lumière diurne, le ciel bleu, des nuages blancs, comme avant. Tout le monde, le nez en l’air, scrutait les cieux comme lors d’une  éclipse solaire, mais c’était l’inverse que l’on célébrait. Les gens étaient dehors, émerveillés, communiant dans cette vision extatique, riant comme des enfants, les sirènes hurlaient, les cloches des églises tintaient, les voitures klaxonnaient, comme à la Libération. 
Ceux qui avaient prié se précipitèrent à l’église, au temple, à la synagogue. Ceux qui avaient invoqué je ne sais quelle divinité ou quelle force surnaturelle n’eurent de cesse que d’en chanter les louanges et lui attribuer la paternité de cet incroyable dénouement.

Le monde n’était plus le même, on se réveillait comme après un cauchemar affreux où tout nous semble beau, ou bien comme lorsqu’on sort indemne d’une grave maladie ou d’un accident, et qu’il nous importe alors que chaque instant, même banal, chaque instant, soit vécu à cent pour cent, comme si c’était le dernier. On sortait de l’enfer en s’engouffrant directement dans le paradis. Chacun pris conscience de l’importance de réaliser tous les matins en s’éveillant que le miracle de la lumière nous est cher et vital, alors qu’auparavant personne n’y songeait jamais. La philosophie de la vie s’en trouva alors chambardée.

Le bonheur ! Nous connûmes un bonheur indécent où tout nous souriait. Nous étions envahis par un sentiment de plénitude. C’était mai 68 sans la violence, le baby boom sans la guerre. Rien ne pouvait nous affecter tant nous avions frôlé la fin du monde de la lumière. Chacun profitait pleinement de tous les instants. Les soucis étaient relativisés et abordés avec sérénité. Il régnait une ambiance de douceur, où l’on était comme dans un état second, flottant plus que marchant, glissant sur ce qui aurait été considéré, naguère, comme un obstacle.
Sans doute, plus tard, dans les livres d’histoire, on parlerait du « siècle épicurien » où l’on ne connut que volupté, plaisir et hédonisme. Mais pour ceux qui le vécurent, il resterait celui des lumières.

Ceux qui croyaient à une intervention divine vécurent une foi décuplée mais sans s’abîmer dans les prières. Plutôt dans un prosélytisme joyeux et sincère qui donnait envie de croire et de leur emboîter le pas. Ce soleil, cette lumière, cet hymne au vivant, ne pouvaient être célébrés par la vie contemplative, monacale et autarcique. La foi devrait se vivre désormais au grand jour et dans une explosion de joie, de rires, de chants et de cérémonies conviviales.

La créativité s’en trouva également exacerbée. Les artistes voulaient s’exprimer, comme s’ils réalisaient la nécessité de laisser une trace dans ce monde fragile. On ne compta plus les concerts, expositions, romans, pièces de théâtre qui furent produits ces années là, comme si les regards tournés vers le ciel avaient entraîné l’élévation de l’esprit.
 
La société de consommation, la bourse, furent bousculés. La course à la possession et à la surconsommation était trop futile. L’heure n’était plus à la thésaurisation mais à la réalisation de soi et de ses désirs. Les salariés produisaient moins, prenaient davantage de temps pour confectionner, manufacturer, conditionner. Les professions en vue n’étaient plus celles des traders, ingénieurs ou informaticiens mais celles des paysagistes, marins, agriculteurs pour une vie en harmonie avec l’environnement sans perdre une goutte de ce qu’offrait la nature.

Ce fut aussi l’époque des aventures humaines comme des tours du monde à pied, à vélo, en voilier, la traversée de tel ou tel pays ou continent, l’exploration de cultures différentes….

Il n’était plus nécessaire d’exhorter les gens à respecter leur environnement, cela devenait une culture, désormais, une raison d’être, une obligation toute légitime car jamais nous ne prîmes autant conscience de l’extrême fragilité de notre planète.

L’heure était aux aspirations immatérielles, la réalisation de soi, l’amour, les échanges, l’amitié, la famille, la nature, bref, le bonheur simple, simple comme la lumière.

Jacques Waelès (France), kate.jacqueswaeles@yahoo.fr

 
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